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Alice Bailey "Extériorisation de la Hiérarchie" Page 620
1. L'inertie de l'homme spirituel moyen
L'aspirant moyen, l'homme de bonne volonté et le disciple ont constamment conscience du défi de l'époque, et des possibilités que les
événements spirituels peuvent offrir. Le désir de faire le bien, et de parvenir à
des fins spirituelles, leur ronge constamment la conscience. Tout homme
aimant ses semblables, rêvant de voir le royaume de Dieu se matérialiser sur
terre, conscient de l'éveil des masses – si lent [13@620] soit-il – aux valeurs spirituelles supérieures, ne peut qu'être profondément insatisfait.
Il se rend compte que l'aide qu'il fournit à ces objectifs désirables est bien peu de chose.
Il sait que sa vie spirituelle est une question secondaire ; c'est quelque chose
qu'il garde soigneusement pour lui, et qu'il a fréquemment peur de mentionner
à ses proches ; il essaie de raccorder ses efforts spirituels à sa vie ordinaire
extérieure, se débattant pour en trouver le temps et l'occasion d'une manière
douce, futile, et inoffensive. Il se révèle impuissant à réorganiser ses affaires de
façon à ce que le mode de vie spirituel domine ; il se cherche des alibis et
finalement se raisonne si efficacement qu'il finit par décider qu'il fait pour le mieux, vu les circonstances.
La vérité c'est qu'il en fait si peu, peut-être une heure ou deux, sur les vingt quatre, sont consacrées au travail du Maître ; il se
cache derrière l'alibi selon lequel les obligations de son foyer l'empêchent de
faire plus, et il ne comprend pas qu'avec du tact et une compréhension aimante,
son entourage au foyer peut et doit être le champ où il triomphe ; il oublie qu'il
n'existe aucune circonstance où l'esprit de l'homme puisse être vaincu, où
l'aspirant ne puisse méditer, penser, parler et préparer la voie pour la venue du
Christ, pourvu qu'il y tienne assez et connaisse le sens du sacrifice et du
silence. Les circonstances et l'entourage n'offrent pas de vrai obstacle à la vie spirituelle.
L'homme se cache peut-être derrière un alibi de mauvaise santé, et fréquemment derrière des maux imaginaires. Il passe tellement de temps à se
soigner que les heures qu'il pourrait consacrer au travail du Maître se trouvent
directement et sérieusement réduites ; il est si préoccupé de se sentir fatigué, ou
de se soigner un rhume, si préoccupé de troubles cardiaques imaginaires que la
"conscience de son corps" se développe régulièrement, jusqu'à dominer
finalement sa vie, il est alors trop tard pour faire quoi que ce soit. C'est en
particulier le cas des personnes ayant atteint leur cinquantième année, ou plus ; ces ennuis règnent surtout chez les femmes.
C'est un alibi [13@621] qu'il est
difficile de ne pas utiliser, car beaucoup de personnes se sentent fatiguées et
souffrantes, et ceci avec les années, peut s'aggraver. La seule manière de guérir
cette inertie envahissante est de ne tenir aucun compte du corps, et de trouver
la joie dans le service vivant. Cela conduit à une vie plus longue. Je ne parle
pas ici de maladies précises, ou de handicaps physiques sérieux ; ces derniers
doivent être l'objet d'attention et de soins sérieux ; je parle des milliers de gens souffrants, préoccupés de prendre soin d'eux-mêmes, et qui gaspillent ainsi des heures qui pourraient être données au service de l'humanité.
Je demande à ceux qui cherchent à fouler le Sentier de Disciple de libérer ces heures nombreuses
passées à se soigner inutilement, pour le service de la Hiérarchie.
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Maitre DK, dit le Tibétain |
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Un autre alibi qui conduit à l'inertie est la peur qu'ont les gens de parler
aux autres des choses du royaume de Dieu ; ils ont peur d'être rabroués, d'être jugés étranges ou indiscrets.
Ils gardent donc le silence, perdent des occasions, et ne découvrent jamais combien les gens sont prêts à discuter des réalités, à
trouver réconfort et espoir dans la pensée du retour du Christ, ou à partager la lumière spirituelle.
Cela est essentiellement une forme de lâcheté spirituelle ; elle est si générale qu'elle cause la perte de millions d'heures de service
mondial.
Il existe, mon frère, d'autres alibis mais les trois notés ci-dessus sont les
plus courants ; si la majorité des aspirants se libéraient de ces entraves, ils
apporteraient au service du Christ (pour employer le langage des syndicats)
tant d'heures de travail et tant d'heures supplémentaires de travail, que la tâche
de ceux qui n'admettent aucun alibi en serait grandement soulagée, et que le retour du Christ serait beaucoup plus proche qu'il ne l'est aujourd'hui.
Ce que nous appelons inertie n'est pas seulement de nature psychologique. Les qualités de la matière ou substance sont impliquées.
L'inertie est l'aspect le plus lent et le plus bas de la substance matérielle qui, dans la philosophie orientale, s'appelle la qualité de tamas.
Elle doit être transmuée en une qualité supérieure, celle de l'activité ou (pour employer le terme technique) qualité rajasique qui plus tard conduit à la plus haute qualité de rythme ou sattvique.
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